Quatre victoires pour commencer, quatre défaites pour suivre. En quelques semaines, la RJH Comines-A est passée de l’enthousiasme aux interrogations. Mais après la dernière rencontre à Pittem, c’est peut-être moins le football proposé que certaines attitudes qui interpellent.

Il y a encore quelques semaines, tout semblait sourire à la RJH Comines-A. Quatre rencontres, quatre victoires, des buts, de belles promesses et cette agréable impression que la saison pouvait être particulièrement intéressante. On se prenait même à rêver d’un championnat extraordinaire.

Et puis, patatras !

Quatre défaites consécutives sont venues brutalement refroidir les enthousiasmes. Nieuwkerke, Moorslede, Zonnebeke et maintenant Pittem. Douze points pris lors des quatre premières journées, plus un seul lors des quatre suivantes.

Avouez qu’il y a de quoi se poser quelques questions.

Le football n’explique peut-être pas tout

Bien sûr, on pourrait chercher des explications purement sportives. Un manque de réussite, des adversaires mieux organisés, des erreurs individuelles, une confiance qui s’effrite ou simplement les limites d’un groupe que l’on avait peut-être imaginé plus fort qu’il ne l’est réellement.

Tout cela mérite certainement d’être analysé.

Mais ce qui m’interpelle davantage, particulièrement après la rencontre à Pittem, c’est cette impression que le problème dépasse désormais le simple contenu des matchs.

Car perdre, cela fait partie du football. Même les meilleures équipes traversent des périodes compliquées. Ce qui compte, c’est la manière dont on réagit lorsque les choses tournent mal.

Et c’est précisément là que certaines attitudes commencent à poser question.

Quand la nervosité gagne aussi le banc

Lorsqu’une équipe traverse une mauvaise passe, on attend naturellement de son encadrement qu’il conserve un minimum de recul et de sérénité.

Or, si même des membres du staff en viennent à recevoir des avertissements pendant une rencontre, il y a matière à s’interroger.

Attention, un carton jaune sur un banc ne signifie pas automatiquement que tout va mal. Le football reste un sport de passion, où les émotions prennent parfois le dessus.

Mais dans le contexte actuel, ces réactions me semblent révélatrices d’une nervosité qui ne se limite peut-être plus aux joueurs.

Et c’est là que réside, à mon sens, le véritable problème.

À force de contester, de s’agacer ou de chercher des raisons extérieures à ses difficultés, ne risque-t-on pas d’oublier de regarder ce qui ne fonctionne plus chez soi ?

Chercher des excuses, ce n’est pas chercher des explications.

La nuance est importante.

Une explication permet de comprendre et, surtout, de corriger. Une excuse permet parfois simplement de se rassurer, sans rien changer.

Le danger serait de regarder ailleurs

Je ne prétends évidemment pas connaître ce qui se passe dans le vestiaire. Je ne sais pas davantage ce qui se dit entre les joueurs et le staff, ni comment les dernières contre-performances sont analysées en interne.

Mais de l’extérieur, certaines attitudes donnent l’impression d’un groupe qui doute, qui s’agace et qui peine à retrouver la sérénité de ses premières rencontres.

Le risque, dans ces moments-là, est de voir la frustration prendre progressivement le dessus sur la lucidité.

Une décision arbitrale devient alors plus importante qu’une mauvaise passe. Une faute non sifflée occupe davantage les esprits qu’un placement approximatif. Et l’on finit parfois par consacrer plus d’énergie à contester ce que l’on ne maîtrise pas qu’à améliorer ce qui dépend réellement de soi.

C’est humain. Mais ce n’est certainement pas la meilleure façon de retrouver le chemin de la victoire.

D’autant que la nervosité est contagieuse. Lorsqu’elle gagne le banc, il devient difficile de demander aux joueurs de garder leur calme sur le terrain.

Retrouver les bases, avant de retrouver les résultats

Avec douze points après huit journées, la saison est évidemment loin d’être terminée. Rien n’est irrémédiablement compromis et il serait absurde de tirer des conclusions définitives au mois d’octobre.

Mais il serait tout aussi dangereux de banaliser cette série de quatre défaites.

Le départ en fanfare a démontré que cette équipe possédait des qualités. Elles n’ont pas disparu du jour au lendemain. Encore faut-il retrouver les conditions qui permettent de les exprimer.

Cela passe certainement par le travail, la remise en question et une analyse honnête des difficultés rencontrées.

Et peut-être, avant toute chose, par un peu plus de calme et de maîtrise, sur le terrain comme sur le banc.

Car le véritable caractère d’une équipe ne se mesure pas lorsqu’elle enchaîne les victoires et que tout lui réussit. Il se révèle surtout lorsque les résultats ne suivent plus.

Quatre victoires avaient fait naître de belles ambitions. Quatre défaites doivent maintenant provoquer les bonnes questions.

La plus importante n’est peut-être pas de savoir pourquoi la RJH Comines-A ne gagne plus.

Mais plutôt de comprendre pourquoi elle semble avoir perdu, en même temps que ses résultats, une partie de sa sérénité.

Et pour retrouver cette sérénité, encore faut-il accepter de regarder les problèmes en face, plutôt que de chercher systématiquement ailleurs les raisons de ses difficultés.


Le plus inquiétant, ce ne sont peut-être pas ces quatre défaites. C’est cette impression que, plutôt que de chercher ce qui ne va plus, certains préfèrent chercher à qui en attribuer la faute. Et tant que cette différence ne sera pas comprise, le problème risque de dépasser largement les résultats du samedi ou du dimanche.


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