Samedi 10 octobre 2026. Le nouveau terrain synthétique de la RJH Comines, à Bas-Warneton, est officiellement inauguré. Une belle journée pour le football local. Mais au milieu des sourires, des discours et des photos souvenirs, un petit détail m’a fait réfléchir…

Il y a des jours où l’on se dit que notre société fonctionne quand même d’une drôle de manière.

Prenez une inauguration, par exemple. Un nouveau terrain synthétique, une belle infrastructure, un projet qui devient réalité après des mois de préparation et de travaux. Une vraie satisfaction pour un club, ses joueurs, ses bénévoles et tous ceux qui vont pouvoir en profiter.

Et puis, évidemment, arrivent les discours, les poignées de main, les sourires de circonstance… et surtout, les appareils photo.

Ah, les photos !

C’est fou comme un simple objectif peut provoquer une soudaine envie de se rapprocher du premier rang.

L’art d’être au bon endroit… au bon moment

Ce samedi 10 octobre, lors de l’inauguration du terrain synthétique de la RJH Comines à Bas-Warneton, j’ai une nouvelle fois été frappé par cette étrange course à la visibilité.

Il faut être sur la photo. Si possible au centre. Bien visible. Avec le sourire qui va bien et cette attitude laissant entendre qu’on a forcément quelque chose à voir avec ce qui se passe.

Attention, je ne conteste absolument pas l’importance d’une inauguration officielle, ni la présence de celles et ceux qui représentent nos institutions. Un équipement sportif de cette importance mérite d’être inauguré dignement.

Mais entre représenter une institution et chercher à se mettre personnellement en avant, il existe parfois une nuance que certains semblent avoir oubliée.

Ce qui me dérange, ce n’est pas tellement de voir des gens sur les photos. C’est plutôt cette impression que, pour certains, être associé à une réalisation semble presque plus important que d’avoir réellement contribué à sa naissance ou à son avenir.

Car une fois les photographes repartis, les discours terminés et les publications Facebook bien alimentées, que restera-t-il de cette belle mobilisation ?

Les véritables briques ne font pas beaucoup de bruit

Heureusement, il existe une autre catégorie de personnes.

Celles qui ne cherchent pas spécialement à figurer au premier rang. Celles qui ont consacré du temps, de l’énergie, parfois des années, à faire avancer les choses.

Des dirigeants, des bénévoles, des passionnés, des personnes qui ont connu les anciennes installations et qui ont continué à croire à l’avenir du football local.

Ces personnes-là sont, à mes yeux, les véritables briques du projet.

Et le plus étonnant, c’est qu’elles semblent généralement rester parfaitement zen devant ce petit théâtre de la reconnaissance publique.

Peut-être parce qu’elles savent ce qu’elles ont fait. Peut-être parce qu’elles n’ont pas besoin d’une photographie pour se sentir utiles.

Ou peut-être, tout simplement, parce qu’elles ont compris depuis longtemps que la valeur d’un engagement ne se mesure pas au nombre de fois où l’on apparaît dans un journal.

L’empathie devant les caméras, les mains dans les poches derrière

Ce qui m’interpelle dépasse d’ailleurs largement le cadre du football.

Nous vivons dans une société où il devient parfois plus important de montrer son engagement que de s’engager réellement.

On affiche sa solidarité, on félicite les bénévoles, on souligne l’importance du tissu associatif, on remercie chaleureusement tous ceux qui donnent de leur temps.

Tout cela est très joli.

Mais lorsque les associations ont besoin de bras, de soutien, de moyens ou simplement d’un petit coup de main, l’enthousiasme paraît quelquefois beaucoup moins débordant.

J’ai parfois le sentiment que certains pratiquent une forme d’empathie à géométrie variable : généreuse devant les objectifs, beaucoup plus discrète lorsqu’il faut réellement mettre la main à la poche… ou simplement mettre la main à la pâte.

C’est peut-être cela qui me dérange le plus.

Cette facilité avec laquelle on peut donner l’impression de soutenir une cause sans forcément vouloir s’impliquer dans ce qu’elle représente.

Bien sûr, il serait injuste de mettre tout le monde dans le même panier. Il existe aussi des responsables discrets et sincèrement engagés. Et fort heureusement, ils sont bien présents.

Mais avouons que le spectacle de certaines cérémonies officielles laisse parfois songeur.

Le terrain restera, les photos finiront dans les archives

Dans quelques semaines, les photos de l’inauguration auront disparu des fils d’actualité. Les discours seront oubliés. Les sourires officiels auront trouvé d’autres occasions de s’afficher.

Pendant ce temps, le terrain synthétique de Bas-Warneton continuera à vivre.

Des gamins y apprendront à jouer au football. Des éducateurs y consacreront leurs soirées. Des bénévoles prépareront les installations. Des dirigeants chercheront des solutions aux petits et grands problèmes du quotidien.

Et les supporters continueront à refaire les matchs autour d’un verre.

Bref, la vraie vie d’un club.

Celle qui ne nécessite ni ruban à couper, ni discours préparé, ni photographe attitré.

Alors oui, ce samedi 10 octobre fut une belle journée pour la RJH Comines et pour le football local. Une étape importante qui mérite d’être saluée.

Mais si je devais retenir une seule image de cette inauguration, ce ne serait pas forcément celle où l’on compte le plus de personnalités au mètre carré.

Ce serait plutôt celle, moins spectaculaire, de ces gens qui ont contribué à construire quelque chose de durable et qui continueront à le faire vivre, loin des objectifs.

Car, finalement, il y a ceux qui tiennent absolument à être sur la photo.

Et puis il y a ceux grâce à qui la photo existe.

Personnellement, je sais lesquels méritent le plus grand cadre.


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