Ce matin, comme souvent, je suis parti marcher. Rien de bien particulier au programme : quelques kilomètres, un peu d’air frais et les rues du coin encore assez tranquilles.
Sauf qu’à certains endroits, la marche ressemble de plus en plus à un petit parcours d’agilité.
Pas à cause des trottoirs, des travaux ou des voitures. Non. À cause des crottins de chevaux laissés généreusement au milieu de la chaussée.
Et quand je dis « laissés », ce n’est pas une petite crotte discrète qu’on pourrait presque ne pas remarquer. Avec un cheval, on change clairement de catégorie. Il faut regarder quelques mètres devant soi et choisir sa trajectoire. Un petit pas à gauche, deux à droite… et on continue la promenade.
Deux poids, deux mesures ?
Ce qui m’a surtout fait sourire ce matin, c’est la scène quelques dizaines de mètres plus loin.
Un promeneur avançait tranquillement avec son petit chien. Celui-ci s’arrête pour faire ce que les chiens font parfois en promenade. Son maître sort aussitôt son petit sac, se baisse, ramasse soigneusement la crotte et repart avec.
Tout est normal.
Et je me suis demandé, avec un petit sourire : pourquoi est-ce que quelques grammes laissés par un chien provoquent immédiatement l’intervention réglementaire de son propriétaire, alors que plusieurs kilos laissés par un cheval semblent pouvoir rester tranquillement au beau milieu de la route ?
Je ne vais évidemment pas demander au cavalier de descendre de cheval avec une pelle, une balayette et un sac poubelle sous le bras à chaque incident de parcours.
Mais tout de même…
L’automne va peut-être s’en charger
Heureusement, l’automne arrive.
Avec les pluies que nous connaissons dans la région, la nature finira probablement par faire une partie du nettoyage. Une bonne averse, quelques passages de voitures et tout cela finira par disparaître.
Enfin… disparaître est peut-être un grand mot.
Parce qu’entre-temps, les roues des voitures passent dedans.
Et là commence une autre aventure.
Le pneu qui écrase consciencieusement le tas, les rainures qui se remplissent, puis la voiture qui rentre gentiment dans le garage…
On ferme la porte.
Et quelques minutes plus tard, on se demande soudain :
« Mais c’est quoi cette odeur ? »
Pas besoin de chercher très longtemps.
Le petit souvenir de la balade à cheval est rentré avec la voiture.
Une petite chose qui m’agace… et me fait sourire
Il y a évidemment des problèmes bien plus importants dans la vie.
Ce n’est pas quelques crottins sur une route qui vont bouleverser ma journée. Mais c’est typiquement le genre de petite situation quotidienne qui m’amuse autant qu’elle m’agace.
D’un côté, on demande — à juste titre — aux propriétaires de chiens de respecter l’espace public et de ramasser derrière leur animal.
De l’autre, on peut parfois croiser sur la même route de quoi remplir quelques sacs sans que cela semble émouvoir grand monde.
Alors, pendant mes prochaines marches, je continuerai simplement à regarder où je mets les pieds.
Et peut-être aussi à surveiller où passent les roues de la voiture.
Parce qu’un crottin sur la route, ça se contourne.
Un crottin bien incrusté dans les pneus et garé toute la nuit dans le garage… c’est déjà beaucoup plus difficile à ignorer.
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