Tu sais, y'a des défaites qu'on encaisse, on soupire, on passe à autre chose. Et puis y'a celles qui restent coincées là, quelque part entre la gorge et l'estomac. Dimanche, c'était clairement la deuxième catégorie. Le RJH Comines s'est incliné 1-4 à domicile face au KSK Geluwe. Un score lourd. Très lourd. Mais ce qui me pèse le plus, c'est pas vraiment les quatre buts encaissés. C'est le pourquoi du comment. Et là, on a des trucs à se dire.

1-4, mais le match était-il vraiment à sens unique ?

Commençons par être honnêtes entre nous. Non, le RJH n'a pas été roulé dans la farine du début à la fin. Mathieu Dejonckheere lui-même l'a dit clairement : "le score est vraiment sévère et ne reflète absolument pas la physionomie de la rencontre." Et je suis d'accord avec lui sur ce point.

Les Cominois ont eu la balle. Ils ont joué. Ils ont essayé de construire. C'est pas une équipe qui s'est effondrée d'entrée de jeu en se disant que c'était foutu. Non. Pendant une bonne partie du match, y'avait quelque chose à jouer.

Sauf que voilà. Le foot, c'est cruel. Geluwe ouvre la marque sur une demi-occasion. Une demi-occasion. Pas une action de grande classe, pas un but de gala. Juste un moment où les visiteurs ont été opportunistes et nous, on n'a pas su répondre au bon moment. C'est ça aussi le foot à ce niveau : faut être efficace, même quand c'est pas parfait.


Le tournant : deux cartons rouges qui changent tout

Là, on entre dans le dur. Parce que le retour des vestiaires, ça aurait pu être différent. Sauf que Parmentier inscrit un doublé pour Geluwe. Et dans la foulée, en l'espace de moins de vingt minutes, on se retrouve à neuf.

Neuf. Contre onze.

Robaeys exclu à la 51e. Lohez à la 68e. Et là, franchement, tu peux être la meilleure équipe du monde, jouer à neuf contre onze en provincial, c'est une montagne à grimper. Le reste, c'est presque de la mécanique. Théotim Maes-Leroy réduit bien la marque, il y a même un but refusé pour un hors-jeu que tout le monde juge imaginaire, mais l'histoire s'arrête là. 1-4 au coup de sifflet final.

Les exclusions, oui. Mais le vrai problème est ailleurs

Et c'est là que j'ai envie d'aller un peu plus loin. Parce que les deux cartons rouges, tout le monde en parle, et c'est normal. Mais moi, ce qui m'interpelle, c'est la question que personne ne pose vraiment : pourquoi ces exclusions ?

Des joueurs qui se font expulser pour des sautes d'humeur — parce que c'est clairement ça — c'est rarement sorti de nulle part. Y'a toujours quelque chose en dessous. Une frustration qui couve. Un truc qui ne va pas dans le groupe, ou en dehors, ou dans la tête de certains. Je dis pas que j'ai la réponse. Mais je me pose la question, et je pense qu'elle mérite d'être posée honnêtement en interne.

Mathieu Dejonckheere l'a dit sans détour : "cette défaite est le fruit de sautes d'humeur inacceptables dans le chef de certains éléments et qui viennent anéantir un gros travail effectué par le reste du groupe." Et là, chapeau pour la franchise. C'est dur à dire, c'est dur à entendre. Mais c'est nécessaire.

Parce que le problème, c'est pas juste deux joueurs qui ont craqué. C'est tout ce que ça représente comme signal.


L'état du terrain ? Oui, mais…

J'entends déjà certains dire : "oui mais le terrain était mauvais, ça explique les erreurs techniques." Okay. Le terrain en cette période, c'est pas le Parc des Princes, on est d'accord. Mais attends.

Ces gars-là, ils s'entraînent sur ce terrain toute la saison. Toute la saison. Ils le connaissent par cœur, chaque bosse, chaque zone glissante, chaque endroit où la balle part de travers. Donc l'état du terrain, ça peut expliquer une passe ratée, un contrôle raté. Mais ça n'explique pas les erreurs techniques à répétition qu'on a vues. Et ça n'explique absolument pas les exclusions.

Faut être capable de regarder les choses en face : y'a eu trop d'imprécisions, trop de décisions hasardeuses, trop de moments où le collectif a été plombé par des comportements individuels. Et ça, c'est pas la faute du gazon.


Ce qui me frustre vraiment

Ce qui me met un peu hors de moi — et je le dis calmement, hein, pas pour chercher des noises — c'est l'idée que des joueurs qui bossent, qui se donnent, qui font les efforts, se retrouvent punis par les errements de quelques-uns.

C'est exactement ce que le coach a souligné. Le reste du groupe a fait un gros travail. Et ce travail a été anéanti. C'est injuste. Et dans un club amateur, où tout le monde donne de son temps, de son énergie, souvent sans rien recevoir en retour, c'est encore plus difficile à vivre.

Est-ce que tu as déjà vécu ça dans une équipe ? Pas forcément au foot, mais dans n'importe quel contexte collectif ? Cette sensation que les efforts de tout un groupe sont sabotés par quelques comportements ? C'est exactement ça, dimanche.

Et maintenant, on fait quoi ?

La saison n'est pas finie. Le championnat continue. Et le RJH Comines va devoir rebondir, c'est aussi simple que ça.

Mais pour rebondir vraiment, faut que ce 1-4 serve à quelque chose. Pas juste à faire mal pendant quelques jours, puis être oublié. Il faut que les questions soulevées soient discutées. Dans le vestiaire, avec le staff, entre joueurs. Qu'est-ce qui s'est passé ? D'où vient cette tension ? Comment on fait pour que ça n'arrive plus ?

Parce que le talent, il est là. La volonté collective, elle est là. Mais si des comportements individuels continuent à plomber le groupe, aucun résultat ne sera stable.

Moi, j'y crois encore. J'y crois parce que je suis passionné par ce club, parce que je vois les gens qui y bossent, et parce qu'une défaite, même sévère, c'est pas une fatalité. C'est une information. À nous d'en faire quelque chose d'utile.

La prochaine rencontre approche. Et je serai là, comme toujours, pour en parler avec toi.


Et toi, qu'est-ce que tu en penses ? Tu crois que les exclusions sont juste le symptôme d'un malaise plus profond ? Ou tu penses que c'est un accident isolé qu'on devrait pas sur-analyser ? Dis-le moi en commentaire, j'ai envie d'en discuter.


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